Sakura, les cerisiers en fleur du Japon : un symbole universel de paix, d’amitié et de beauté

La fleur de sakura 桜の花 est un symbole vivant du Japon. Chaque printemps, elle illumine les parcs de l’archipel de ses pétales éphémères avant de les déposer, en virevoltant sous la brise, en un somptueux tapis rose et blanc sur les sols et les rivières. C’est l’un des moments phares de l’année, qui attire un nombre grandissant de voyageurs étrangers.

Chaque saison, au Japon, est un tableau vivant marqué par une couleur distincte : le printemps brille sous le rose pâle des fleurs de sakura, l’été est dominé par le vert des forêts luxuriantes sous le chant des cigales et la chaleur moite de l’air, l’automne voit les arbres et le sol se parer de rouge et de jaune éclatants, et l’hiver est enveloppé de blanc immaculé de neige dans le silence de la nature qui prépare la nouvelle saison.

Ces couleurs profondes et changeantes reflètent une part de l’esprit japonais et rythment les quatre saisons de l’année.


Les cerisiers du Japon en pleine floraison à Washington DC, capitale des États-Unis

En 1912, le gouvernement japonais a offert 3 000 cerisiers (sakura 桜) à la ville de Washington DC en signe d’amitié et de coopération entre le Japon et les États-Unis.

La cérémonie de plantation, qui s’est déroulée le 27 mars 1912 près du Tidal Basin, un plan d’eau adjacent à la rivière Potomac, à quelques pas de la Maison Blanche, a inauguré ce qui deviendra l’un des festivals les plus populaires du pays : le National Cherry Blossom Festival. Créé en 1935 pour commémorer cet évènement historique, ce festival s’étend aujourd’hui sur quatre semaines, du 20 mars au 13 avril pour l’année 2025.

Depuis, chaque année, Washington DC célèbre l’arrivée du printemps lors de la floraison des cerisiers. La capitale américaine devient alors un lieu de rencontre pour plus d’un million de visiteurs venus du monde entier, attirés par la beauté éphémère des fleurs et par l’atmosphère festive qui accompagne l’événement, véritable hommage à la culture et à l’esprit japonais.

D’autres envois de cerisiers du Japon ont suivi par la suite à destination de Washington DC, pour atteindre de nos jours un total d’environ 3 800 arbres.

L’obélisque de Washington © washington.org/
Le mémorial Thomas Jefferson © washington.org/

Au fil des années, d’autres villes américaines, telles que New York, San Francisco, Chicago ou Seattle, se sont vues attribuer des dons similaires de cerisiers japonais. Toutefois, c’est celui de Washington DC qui demeure le plus emblématique et le plus connu à l’échelle mondiale.

ANNnewsCH
Associated Press

De Paris au Vallespir : les cerisiers en fleurs du Japon sous le ciel de France

En 1918, c’est l’amitié franco-japonaise qui est célébrée : le maire de Tokyo offre 2 000 cerisiers à la ville de Paris, marquant ainsi la coopération entre les deux nations après la Première Guerre mondiale. Plantés au Parc de Sceaux, ces arbres trouvent rapidement leur place dans d’autres lieux emblématiques de la capitale.

Aujourd’hui, les cerisiers du Japon ornent des sites prestigieux comme le Jardin des Plantes, le Jardin du Musée Albert Kahn ou encore les alentours de la Tour Eiffel, offrant chaque printemps un spectacle enchanteur aux parisiens et aux visiteurs.

Le jardin japonais de l’UNESCO, aussi appelé Jardin de la paix, créé en 1958 au cœur du 7e arrondissement de Paris, fait également partie des dons du Japon en symbole de son engagement profond envers la paix et la coopération internationale.

En 1991 et 1992, c’est dans le Vallespir, une vallée pittoresque située près de Perpignan, dans le département des Pyrénées-Orientales, en Occitanie, que le Japon fait don de 2 000 cerisiers à plusieurs communes de la vallée, dans le but de renforcer les liens d’amitié entre les deux pays.

Ces dons font partie d’une série d’offres plus larges de cerisiers dans diverses communes de France, toujours en signe d’amitié.


Un symbole de paix et d’amitié à travers le monde

Après les États-Unis et la France, le Japon a offert ses sakura à de nombreux pays, perpétuant ainsi la tradition millénaire du hanami 花見, la contemplation des fleurs de cerisier dans la joie et la convivialité, mais surtout dans un profond respect pour la nature et les populations environnantes. Ce rituel ancestral né à l’époque Heian 平安時代 (794-1185) marque aussi le début de la saison des plantations de riz au Japon.

Le Canada reçoit des cerisiers en 1930 à Vancouver et en 1959 à Toronto et Ottawa où le Major’s Hill Park abrite aujourd’hui une magnifique promenade de cerisiers.
En 1960, le Japon offre des cerisiers à São Paulo, au Brésil, pour célébrer l’amitié entre les deux pays et commémorer la communauté japonaise brésilienne.

D’autres pays, comme l’Australie (notamment à Canberra), l’Inde et l’Allemagne, à Berlin dans les années 1990 pour célébrer la réunification allemande, ont aussi reçu des cerisiers sakura en signe de coopération et de paix.
La Suède à Stockholm, en 1998, les Pays-Bas à Amsterdam, en 2000, le Danemark à Copenhague, où les cerisiers fleurissent à côté de la statue de la Petite Sirène, ne sont que quelques exemples supplémentaires de pays qui ont reçu ces précieux cadeaux du Japon.

Chaque année, ces fleurs offrent un spectacle visuel féerique à des millions de visiteurs à travers le monde, rappelant la beauté, la générosité et la solidarité internationales. Ces gestes ont souvent donné naissance à des événements culturels annuels en l’honneur de la floraison des cerisiers.
Les sakura, au-delà de leur beauté esthétique, portent ainsi un message fort de solidarité et de partage culturel, unissant les peuples dans la paix et célébrant l’amitié à travers le monde.

Sakura, sakura
Sakura’s Old Japanese Songs

Sources : NHK,