2026, sous un ciel nouveau


Quand l’ukiyo-e 浮世絵 prend vie

Les Cinquante-trois stations du Tôkaidô 東海道五十三次 (Tôkaidô gojûsan-tsugi), chef-d’œuvre d’Utagawa Hiroshige 歌川広重 (1797–1858), déploient en 55 estampes le long ruban de la route du Tôkaidô, la « route de la mer de l’Est ». Longue d’environ 500 kilomètres, ouverte sur l’océan Pacifique, cette voie ancienne reliait Edo, capitale shogunale et centre du pouvoir politique, à Kyôto, capitale impériale.
Aux 53 estampes consacrées aux stations officielles s’ajoutent deux vues fondatrices, seuil et aboutissement du voyage : Nihonbashi 日本橋 à Edo, point de départ symbolique, et Sanjô Ôhashi 三条大橋 à Kyôto, point d’arrivée.
Autrefois, ce voyage s’accomplissait en 13 à 17 jours de marche, chaque pas mêlant effort et contemplation ; aujourd’hui, le même parcours s’égrène en 2h15 en shinkansen ou 1h18 en avion.
Du premier pas à l’ultime étape, Hiroshige fait surgir un Japon de brume, de pluie et de lumière. Une route à parcourir autant du regard que de l’esprit, comme un chemin silencieux qui ouvre l’année nouvelle.